À la question « Vous excluez donc ceux que vous avez élu démocratiquement ? »
Une première réponse permet de résoudre le risque d’exclusion : « ceux que vous avez élu démocratiquement » peuvent librement arrêter d’être assis dans la salle des mariages et sortir sur le parvis de la mairie et se joindre aux autres habitant·es. L’exclusion est à l’opposée de notre volonté. Par contre, les élus, eux, excluent les non élu·es. Combien de réunions d’intérêt général sont tenues à huis clos entre les murs de la mairie ?
Une réponse pourrait traiter de la participation aux élections. Aux dernières élections municipales à Ensuès il y a eu 2547 votants. Soit environ la moitié des inscrits sur les listes électorales, mais bien moins que les habitant·es en âge de pouvoir participer à la prise de décisions. A contrario du système électoral actuel, nous ne voulons pas exclure qui n’a pas voté, ni les mineur·es. Par exemple, l’ONU recommande de baisser l’âge du droit de vote à 16 ans.
Une autre réponse pourrait questionner le niveau de démocratie de ce système électoral. Il y a, à travers la planète, de systèmes électoraux très différents. Sommes-nous sûr·es que celui proposé par l’état français soit (le plus) démocratique possible ? Le nombre important de manifestations, grèves, pétitions semblent montrer que une large partie de la population ne se sent pas représenter par ces élus. La perception de la corruption de la société française augmente et cet indicateur est reconnu internationalement pour mesurer la qualité de la vie politique d’un pays.
Enfin une dernière réponse pourrait soulever la compatibilité entre élections et démocratie :
« L’isoloir planté dans une salle d’école ou de mairie est le symbole de toutes les trahisons que l’individu peut commettre envers les groupes dont il fait partie. » (Jean-Paul Sartre, 1973). De manière plus hilarante, Coluche déclarait « Si voter changeait quelque chose il y a longtemps que ça serait interdit ».
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